La Vie Scolaire au Collège-Lycée : une passion d’éducateurs

Dans l’imaginaire collectif de beaucoup d’élèves, voire d’anciens élèves, la Vie Scolaire évoque souvent un monde peuplé de sanctions, de silences imposés, de mises en rang forcées, d’heures d’études interminables… Certes, imposer un cadre à des élèves pleins de vie n’est pas toujours chose aisée et les adultes de la Vie Scolaire peuvent très facilement devenir aux yeux des élèves des ennemis extérieurs à leur monde, à leurs attentes, à leurs préoccupations, tout juste bons à mettre des barrières à leur liberté pour avoir la paix.

Pourtant, l’Église, avec l’expérience qui est la sienne, nous donne en exemple assez de saints éducateurs, tels saint Jean-Baptiste de la Salle ou saint Jean Bosco, qui n’envisageaient pas la relation enfants/adultes sous l’angle de l’affrontement et de la méfiance mais sous celui de la confiance réciproque.

Être proches des élèves et désirer leur bien tout en gardant sa posture d’adulte et ne pas tomber dans la démagogie, voilà une alchimie difficile à réaliser mais tellement exaltante à vivre quand on en a compris la formule.

À la Rochefoucauld, la Vie Scolaire n’est composée ni de « pions », ni de « surveillants », mais d’adultes qui veulent être des éducateurs pour les élèves.

À 11, 12, … 17 ans, on a besoin d’un cadre pour se construire et d’avoir sous les yeux des modèles d’adultes qui ont déjà passé certains caps et qui pourraient nous éviter de tomber sur des récifs. Le cadre scolaire de la Rochefoucauld, son règlement intérieur, ses éducateurs, ne sont pas là pour éteindre la vie chez les élèves mais pour leur apprendre à être des personnes libres.

Ludovic BARD,
Responsable de la Vie Scolaire du Collège

 

Les jeux à La Roche

À La Rochefoucauld, on aime apprendre, acquérir des connaissances, mais on aime aussi jouer et cela se voit particulièrement pendant le temps du déjeuner.

Ainsi dès 12 h 05, le Bureau de la Vie Scolaire est pris d’assaut par les élèves qui, en échange de leur badge, peuvent emprunter auprès d’un éducateur un ballon, une raquette de ping-pong , un turn-ball, un Mölki, etc.

Chaque jour à 12 h 45, un éducateur lance et anime avec l’aide de deux élèves de 2de , un « jeu sportif » sous le préau. Ils sont toujours au moins une quinzaine d’élèves à répondre. Il s’ensuit alors pendant plus d’une demi-heure de folles parties de balle au prisonnier, de prise au foulard, ou de jeux de boucliers. Les élèves apprennent à ce moment-là des choses qu’aucun manuel scolaire ne leur donnera : le courage, l’audace, la  prise de risque, la loyauté, l’esprit d’équipe…

Le terrain de sport, lui, est réservé aux « footeux » et aux basketteurs.  Il n’est pas rare que se jouent parfois une partie de foot et deux parties de baskets simultanément ! Les éducateurs ne sont pas les derniers à se mêler à ces matchs endiablés qui rassemblent des collégiens de tous niveaux.

La salle de permanence ouvre également ses portes à ce moment-là pour ceux qui préfèrent les jeux de société. Les élèves peuvent tester leur réactivité autour d’un Jungle Speed, d’un Uno ou aiguiser leur sens de la stratégie avec Mémoire 44.

 Le jeu, qu’on ne peut réduire à un simple amusement, est un levier éducatif puissant qui nous permet, à nous adultes, de connaître les élèves d’une autre façon. Platon n’a-t-il pas dit qu’on en apprend plus sur un jeune en une demi-heure de jeu qu’en un an de conversation ?

« Malheur aux écoles où se perd l’amour du jeu sur les cours de récréation… Des jeunes qui se promènent comme de faux et prétentieux philosophes couvent toutes les sottises et celles-ci ne tarderont pas à éclore ; tous les mauvais coups, les farces plus ou moins spirituelles, le mauvais esprit et les conversations malpropres ont pour terrain les cours de récréation où l’on ne joue pas avec entrain… Même physiquement et intellectuellement, il faut que le sang circule pour vivifier le corps et féconder le cerveau. Un prêtre que beaucoup de parents consultaient pour l’avenir de leurs enfants ne donnait jamais un conseil sans demander : « À quoi joue-t-il ? » Cette question était provoquée par deux motifs : premièrement, on ne connaît bien un enfant que lorsqu’on l’a vu jouer ; deuxièmement, un enfant qui ne joue pas est préoccupant, physiquement et moralement. »