08 Mai

Nous avons visité les deux assemblées qui composent le Parlement : l’Assemblée Nationale et le Sénat nous ont permis de bien comprendre le rôle des députés et des Sénateurs, de revoir les périodes historiques étudiées en classe et de découvrir des œuvres d’artistes.

Une loi fait la navette entre les deux assemblées parlementaires avant d’être votée ; parfois, les parlementaires apportent des modifications aux textes de départ : des amendements.

Nous nous rendîmes au Sénat vendredi 13 avril.

En 1610, Marie de Médicis, demanda à son mari, le roi Henri IV, de la faire reine. Il finit par accepter ; le lendemain où elle fut enfin reine, Henri IV fut assassiné. Marie de Médicis, aidée du cardinal de Richelieu, assura la Régence car Louis XIII était encore trop jeune. Elle détestait le Louvre où elle vivait : Henri IV y avait donné beaucoup de fêtes auxquelles elle n’avait pas été invitée et c’était inconfortable, les odeurs nauséabondes de la Seine remontaient. En 1612, Marie de Médicis acheta l’hôtel de François de Luxembourg entouré d’un vaste parc.  En 1615, Salomon de la Brosse fut chargé de construire un palais. De la cour où nous observions, nous remarquâmes la symétrie des bâtiments de style Renaissance.

Le jardin du Luxembourg avec ses plantations et ses sculptures a toujours été bien entretenu depuis Marie de Médicis.

Un système actionné par une poulie permettait de transmettre des messages et les journaux aux étages supérieurs ; autrefois, cela évitait aux cavaliers qui venaient les porter d’utiliser les marches. Nous observâmes un plan de 1634 sur lequel étaient représentées les fenêtres : plus elles étaient nombreuses, plus on payait d’impôts.

Puis nous entrâmes dans la salle du livre d’or : autrefois, les sénateurs signaient ce livre. Les décors datent de l’époque de Marie de Médicis. Nous admirâmes des huiles sur bois. Sur un tableau, Marie de Médicis met un ruban autour des flèches, ce qui symbolise son désir de paix entre les catholiques et les protestants. Des angelots ornent également cette salle. Un buste de Marie de Médicis trône sur la cheminée.

Dans l’hémicycle, on nous dit où se trouvait le siège qu’occupait Victor Hugo. Sept statues sous la voûte à caissons représentaient des hommes d’Etat importants. Nous aperçûmes deux autres statues sur les côtés, Saint Louis à gauche du perchoir et Charlemagne, à droite.

Il y a trois sortes de vote : les sénateurs lèvent la main ; les sénateurs se lèvent ; les sénateurs votent avec des cartons de couleur et les mettent dans des urnes, lesquelles sont pesées. Les sénateurs discutent les lois en séance publique, votent et contrôlent le gouvernement. Le Président du Sénat peut remplacer par intérim le Président de la République si celui-ci démissionne ou meurt.

Nous pénétrâmes dans l’ancienne Galerie du Trône (ou salle d’apparat), aujourd’hui appelée salle des conférences, décorée sous les ordres de Napoléon 1er. Son trône est imposant. Quatre grandes statues symbolisent quatre grandes campagnes de Napoléon.  Ce fut Napoléon 1er qui créa la fonction de sénateur.

Deux tableaux représentent les dynasties : sur un, les Mérovingiens et les Carolingiens. Sur le tableau situé à l’opposé, les Capétiens, les Valois et les Bourbons. D’autres tableaux témoignent de la Révolution industrielle. Des tapisseries des Gobelins ornent les murs latéraux.

Une table en bois massif avec des pieds en forme de tête de lion se trouve au milieu de la salle.

Nous pénétrâmes dans la salle des messagers d’Etat : alors que Napoléon était en campagne, les messagers venaient dans cette salle pour recueillir des informations qu’ils allaient lui communiquer.

Un tableau représente la loi assistée par la force, le lion et par la justice (la balance). Nous vîmes un médaillon de Napoléon II.

Cette salle fut modifiée sous le 1er ’Empire par Chalgrin.

Devant un miroir trône la statue qui représente l’apologie du silence. A gauche, un buste de Victor Schœlcher nous rappelle que nous devons à ce français l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848.

Nous continuâmes par l’ancienne chambre de Marie de Médicis où eut lieu « la journée des dupes ». Richelieu déplaisait à Marie de Médicis. En 1628, Louis XIII était malade. Marie de Médicis supplia le roi de lui promettre, une fois guéri, de se débarrasser de Richelieu. Elle réitéra sa demande dans cette salle. Le cardinal de Richelieu qui était dans le petit palais (réservé aujourd’hui au Président du Sénat), eut vent de la conversation. Il arriva par une porte secrète et surprit la conversation.

Il y eut une dispute entre le roi et le cardinal. Louis XIII, qui détestait les éclats de voix, quitta la pièce pour se rendre à Versailles. Le cardinal pensait qu’il allait être renvoyé et Marie de Médicis se disait qu’elle avait gagné. Il n’en était rien. Louis XIII convoqua Richelieu pour lui renouveler sa confiance. Marie de Médicis, mère de Louis XIII dut s’exiler à Cologne. Nous finîmes notre visite en descendant par l’escalier d’honneur.

 

Nous visitâmes l’Assemblée Nationale vendredi 4 mai.

 

Louise Françoise de Bourbon, fille légitime de Louis XIV et de Madame de Montespan, fit édifier le Palais Bourbon (architectes : Giardini, Hardouin Mansart, Jacques Gabriel, Soufflot). L’hôtel de Lassay (maintenant relié au Palais Bourbon par une galerie) a été la résidence des Présidents de l’Assemblée Nationale. Divers travaux eurent lieu au fil des années.

L’Assemblée Nationale a trois rôles : représenter les Français (dans leurs diversités), légiférer (discuter et voter les lois) et contrôler les autres pouvoirs pour assurer les libertés des citoyens et les protéger).

La salle des séances a la forme d’un hémicycle. Le Président de la République n’y vient pas afin que soit respectée la séparation des trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

Nous avons observé plusieurs statues dont la statue de la liberté et la statue du droit public, et des symboles de la République :

– le buste de Marianne, le drapeau, la devise : « Liberté-Egalité-Fraternité »

– la tribune de l’orateur est ornée d’un relief : à gauche, « L’histoire écrit le mot République » ; à droite, « La Renommée embouchant sa trompette publie les grands événements de la Révolution ». Entre ces deux têtes, un piédestal orné d’une tête de Janus (symbolisant le respect du passé et la confiance en l’avenir) porte un buste de la République, encadré d’enseignes surmontés du coq gaulois, symbole de la vigilance.

Le premier texte adopté par l’Assemblée Nationale a été la Déclaration des Droits de l’homme.

La salle des fêtes de l’Assemblée Nationale nous a rappelé la galerie des glaces du château de Versailles.

Le bas-relief en bronze du salon Casimir Perier représente la scène du 23/06/1789 de la première assemblée nationale. Dans la salle du jeu de Paume, Mirabeau dit au marquis Dreux-Brézé, envoyé par le roi Louis XVI : « Allez dire à votre maître que nous sommes là par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ».

Les tableaux du plafond de la salle des pas perdus évoquent la Révolution industrielle du XIXe siècle. Les œuvres d’Eugène Delacroix se retrouvent à plusieurs endroits, dans un salon et dans la bibliothèque. Dans un autre salon, nous avons découvert des peintures en trompe-l’œil qui font penser à des sculptures.

Le salon des Mariannes abrite une collection de Mariannes et des bustes en terre cuite effectués par Honoré Daumier (XIXème siècle-caricatures d’hommes politiques).

Nous avons remarqué des œuvres plus récentes :

  • dans la cour d’honneur, la sphère des Droits de l’homme, déposée là en 1989, conçue par le sculpteur Walter de Maria, qui contient un cœur de bronze (doré symbolisant la dimension humaine, affective et sensible des Droits de l’homme). Ce monolithe en granite noir, est entouré d’un hémicycle où sont gravés les dix-sept articles de la Déclaration des Droits de l’homme ainsi que son préambule.
  • dans la Rotonde d’Alechinsky, la fresque de Pierre Alechinsky (1992)  illustrant une phrase du poète Jean Tardieu : « Les hommes cherchent la lumière dans un jardin fragile où frissonnent les couleurs »

 

Ces visites ont enrichi notre culture et auront peut-être donné l’envie à certains de devenir un jour parlementaire…