Amicale Agriculture Durable

L’AMICALE : Oser !

Témoignage de Diane Masure (Turcat), promotion Bac 1986, diplômée de l’Agro,  aujourd’hui chef d’exploitation d’une coopérative. Le fil conducteur du parcours de l’agricultrice : cultiver la terre avec du sens, grâce à l’ « Agriculture de Conservation des Sols ». Diane vous explique comment ça fonctionne et comment contribuer à la défense d’une agriculture durable.

« 1985, 16 ans, j’arrive nouvelle en Terminale à La Roche, venant de Toulon, bon accueil de la promo malgré le fait que certain se connaissent depuis la maternelle ! A Toulon, j’avais mis en place une action de parrainage avec le Cfpe devenu France Parrainages. Cinq enfants étaient ainsi parrainés par une vingtaine d’élèves, mais devant partir en fin de Première, j’avais mal géré la transition et gardé seule, la responsabilité de trois enfants et leur financement. En arrivant à La Roche, je n’ai pas eu le temps, le courage de mettre en place ce système collectif. Je me refusais de demander l’aide familiale financière pour un projet que je portais. C’était le début du carême, Alain Guyot, nous avait parlé d’actions qui avaient du sens, je suis allée le voir pour présenter mon projet et m’aider à le financer (rétrospectivement). Ceux qui me connaissent savent ma timidité et mon émotivité, et puis j’étais nouvelle, je me vois encore, entrer dans son bureau, oser demander pour quelque chose qui a du sens, Alain a été à l’écoute. Cette expérience m’a souvent aidée, pour oser demander pour une bonne cause et je compte recommencer !

Cette fois ci c’est pour défendre l’agriculture durable et française.

Entre la Terminale et aujourd’hui, soit 39 ans ( ;-), un résumé bref : j’ai fait l’Agro, mariée, 5 enfants, pas mal d’années en expatriation avec mon mari Bertrand qui travaille dans la production d’eau potable et l’assainissement, soit quelques années au Brésil, Martinique, Sicile, Portugal, Ecosse. Pour moi : boulot de consultant, enseignante, bénévole, formations (skipper hauturier et menuiserie)…

En 2012, comme envisageable, nous reprenons la ferme familiale de Bertrand, la Grange au Bois, à Polisy dans l’Aube (vous y êtes les bienvenus). Je prends le titre de Chef d’exploitation et découvre un métier que j’ignorais, par ses multiples facettes. Agriculteur, c’est être un entrepreneur, dépendant de la météo et des règlementations, avec des possibilités de s’investir dans le collectif c’est-à-dire, pouvoir gérer une coopérative (La Chanvrière), dans la recherche (représentant Arvalis) , la représentativité agricole (APAD), localement (GDA, APAD Centre Est), internationalement (GCAN) ou d’autres choses où je ne me suis pas investie (marché à terme, banque, assurance….) mais surtout être agriculteur, c’est porter une responsabilité qui a du sens « cultiver et garder la terre » (Gn 2, 15).

Pour y répondre, pour moi, pour nous, une solution : « l’Agriculture de Conservation des Sols » ACS. C’est un ensemble de techniques, vraisemblablement peu connu par vous, mais bien défini par la FAO (https://www.fao.org/conservation-agriculture/fr/), et qui ne représente que 5% des agriculteurs en France alors que cela représente la majorité des terres cultivées en Australie, et sur le continent américain. En effet, ces pays, ont fait face avant l’Europe à l’érosion des sols (dust bowl, « les raisins de la colère » étudiés avec Denis Fröchen) et à la perte de fertilité, et ont dû trouver des solutions, solution portée par la FAO pour lutter contre la faim et préserver les sols.

ACS, l’Agriculture de Conservation des Sols , 3 piliers :

  1. Cultures et intercultures : des sols couverts toute l’année ce qui favorise la biodiversité, la captation du carbone par la photosynthèse,
  2. Zéro travail du sol, positif pour la vie du sol et empêchant l’érosion,
    3. Favoriser la diversité des cultures et interculture, bien pour favoriser les auxiliaires et restaurer la biodiversité.

Les bénéfices sont nombreux, lutte contre l’érosion, meilleure marge brute, production équivalente, résilience, captation de carbone, mais aussi sens de son métier pour l’agriculteur, libération de temps. Ce n’est pas du Bio (j’ai eu 25% de mon exploitation en Bio pour comprendre et comparer), mais c’est une autre manière de produire (en quantité) et protéger (les plantes, le sol, l’environnement).

Nous nous sommes rapprochés de l’APAD, Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable, association d’agriculteurs, qui soutient et promeut l’ACS (www.apad.asso.fr). Engagement progressif et bénévole, savoir parler positivement de l’agriculture en organisant des journées portes ouvertes sur la ferme dans le cadre des Journées Européenne du Patrimoine (patrimoine sol et biodiversité) ; participer à la création d’un label ACS, parler internationalement de cette agriculture au 4p1000 www.4p1000.org, à la FAO, porter un groupe de 250 agriculteurs  dans la demarche du ministère de l’environnement pour faire générer des crédits carbones avec une agriculture durable…. www.ducarboneaucoeurdessols.fr

C’est dans ce cadre que j’ose : si vous souhaitez soutenir cette association, ou si vos entreprises comprennent l’importance de soutenir l’agriculture durable française qui stocke du carbone dans les sols et en restaure la fertilité en achetant des crédits carbone, contactez l’APAD (ou moi).

Cohérence : malgré un très faible engagement dans ma paroisse, par des journée portes ouvertes et l’agriculture que je défends, j’ai été appelée en septembre 2020 par l’Evêque du diocèse à former avec 6 autres, un groupe écologie intégrale. Pour participer à la conférence des évêques, j’ai lu « Laudato si » et vu la cohérence avec ce que je faisais sur le terrain. Je vous partage ici un des témoignages durant cette conférence :

https://www.youtube.com/watch?v=gV989MjKxLo&list=PLwKVxZri06NZadbavEolHvR4dV_ePAoE4&index=5. Ce groupe Ecologie Intégrale est l’opportunité de conforter mes choix et de partager lors des kermesses diocésaines (ateliers pour 1000 élèves).

Cohérence, aussi avec la restauration, dans les bois qui jouxtent la ferme, du site de Sèche-Fontaine, lieu de la première expérience érémitique de Saint Bruno, vaste chantier qui avance à son rythme, avec camps de jeunes, temps qui a du sens parfois à contre sens de notre temps. https://www.facebook.com/amisdesechefontaine.

Cohérence, bien sûr avec les enjeux à plus long terme sur le climat, avec des engagements au Shift Project (agriculture, innovation), fresque du climat et du sol, au 4p1000, au Global Soil Partnership de la FAO…

Tout est lié, répondant à la demande de Marielle, je sais que ce témoignage a du sens, je ne sais pas encore lequel, alors contactez -moi pour partager (mais aussi financer l’APAD et les agriculteurs qui sauvent l’humanité) et osons ! »

Diane Masure (Turcat)