Interview de la capitaine de gendarmerie Sixtine Courtois (Bac 2014) réalisée par Bénédicte BARBETTE
Quels souvenirs as-tu de tes années La Roche ?
J’ai été à la Roche depuis la classe de 5ème jusqu’à mon Bac (2014).
Certains profs m’ont plus marquée : Mme Dionis du Séjour, pour son enseignement fidèle de l’Histoire et sa bienveillance ! Et puis, il y avait Mmes Say, Barbette et Duclos : un trio incontournable de la filière S, que tous mes frères et sœurs avaient eus avant moi !
J’ai beaucoup reçu au niveau spirituel à la Roche, avec notre aumônier, le Père Stéphane Palaz, toujours disponible : Un vrai exemple de Foi qui m’a guidé durant mon adolescence.
La présence des éducateurs à partir de mon lycée fût aussi une vraie chance.
Au-delà de la dimension spirituelle, la formation intellectuelle de qualité — notamment l’entraînement aux oraux dès la classe de Seconde — est un véritable atout qui offre une longueur d’avance pour la suite. Cela sert toute la vie !
J’ai aussi un excellent souvenir des interclasses, du Cross et des voyages de classe (Normandie, Allemagne…) : toujours une bonne ambiance, avec de l’exigence et de la considération pour chaque élève.
Quelles études as-tu faites, avec l’idée d’entrer dans l’Armée ?
Mon papa, officier dans l’armée de terre, m’a transmis depuis l’enfance l’envie profonde de servir mon pays, dans un métier d’action. J’ai pensé très viten dès la fin du Primaire, à l’armée, aux pompiers ou à la police.
Au fur et à mesure des stages et expériences, j’ai choisi la gendarmerie et je me rends compte aujourd’hui que c’est la synthèse parfaite entre toutes mes aspirations !
Après le bac, j’ai fait trois ans de droit à Assas (licence Droit public), puis un an à Science Po, en « Prépa concours Police / Gendarmerie », avec un rythme de travail soutenu, mais cela se fait plutôt bien si on a un bon groupe d’amis / de travail.
Enfin, J’ai passé le concours d’officier de gendarmerie sous contrat : Je l’ai réussi, et après un an d’école à Melun, j’ai été affectée sur le terrain, en gendarmerie mobile.
Comment s’est passé ton premier poste, en tant que femme ?
Pour mon premier poste, j’ai passé quatre ans sur le terrain en tant que commandant de peloton de gendarmerie mobile. Ma mission la plus marquante fût un déplacement de quatre mois à Mayotte.
Sur ce poste, j’étais la seule femme de mon unité. Cela ne m’a jamais posé de problème : ce qui comptait pour mes « gars », c’était surtout que je sois au quotidien, engagée à leurs côtés : sur le terrain, mais aussi dans le quotidien. Une fois que l’on a fait ses preuves à ce niveau, cela se passe bien.
En revanche, être une femme apporte à mon sens une dimension différente et complémentaire par rapport au commandement masculin. Sans doute une profondeur humaine à certains égards, face à certaines interventions. Et je pense que cela est apprécié.
Quel est ton poste actuel ? Et l’avenir ?
Je suis désormais cadre à l’Académie Militaire de la Gendarmerie Nationale (AMGN), qui forme les officiers de gendarmerie.
A ce poste, nous organisons la scolarité : les stages en unité des élèves, les terrains sur les camps militaires et toute la planification de l’Académie.
C’est un poste exigeant, qui change totalement de mes débuts sur le terrain, mais je m’y plais car nous sommes au service de la scolarité, des cadres et élèves.
Et ce nouveau rythme me permet de trouver un équilibre familial plus facile avec notre fils, comparé à la gendarmerie mobile où l’on part beaucoup en déplacements.
Pour l’avenir, je tiens à « Continuer à servir ».
Après mon expérience de cadre école, j’aimerais, à moyen/long terme, retourner sur le terrain.
Mais tout en vivant à fond ma vie de famille et de maman qui sont le cœur de ma vie !
En conclusion pour les élèves qui seraient tentés :
Foncez ! Ces métiers permettent de vivre des expériences professionnelles et humaines très riches, et on ne regrette pas. On y fait de magnifiques rencontres, on se dépasse et on sort de soi-même tout en servant son pays et les autres.
Avec de la volonté et de la persévérance : tout est possible !
Pour tout contact : sixtine.courtois@gmail.com





