Amicale – Cyril Gély : Quand La Roche mène… à l’écriture.

Ancien élève de La Rochefoucauld, Cyril Gély évoque le parcours qui l’a conduit de la finance à l’écriture.
Après des études de commerce et une formation de comédien, il devient auteur de théâtre, romancier et scénariste. Il évoque les défis de ce métier de passion, fait de liberté, de persévérance et de travail.

Mon passage à La Rochefoucauld
Je suis arrivé à La Roche en 1978, j’avais 10 ans et j’entrais en 6e. J’ai eu la chance d’aller sans encombre jusqu’en terminale et d’y passer mon bac. Je garde de ces années un souvenir très ému. A cet âge-là on ne rêve que d’une chose : ne
plus être en classe, ne plus être à l’école… et quelques années plus tard c’est exactement l’inverse : on ne cesse de vouloir y retourner.

Etudes post-bac
Mon bac en poche j’ai suivi un cursus qu’on pourrait qualifier de « classique » : prépa HEC, école supérieure de commerce et un master en finance. Mais au fond de moi je savais que ce n’était pas ce que je recherchais. Alors très
vite, mes diplômes à peine accrochés aux murs, je me suis inscrit au cours Florent, et j’ai intégré l’année d’après, l’école de la Rue Blanche avec l’ambition de devenir comédien.
Mais étrangement, alors que j’étais le cancre de la classe en français, l’écriture m’a rattrapé et ne m’a plus jamais lâché. Depuis je passe mes journées à écrire des histoires, pour le roman, pour le cinéma, et surtout pour le théâtre.

Joies & Difficultés
Les premières années ont été très difficiles sur le plan financier, car écrire au début rapporte peu… voire même rien du tout. J’ai commencé à m’en sortir vers l’âge de 40 ans lorsque Diplomatie, une de mes pièces, a été créée au théâtre de la Madeleine à Paris et a rencontré un beau succès. Je crois que c’est le grand dramaturge américain Tennessee Williams qui disait : « Il y a trois règles pour écrire une bonne pièce de théâtre… malheureusement personne ne les connaît ».
Tant mieux d’une certaine manière, car ce métier est d’abord un espace de liberté. Vous êtes libre d’écrire ce qui vous passe par la tête, d’inventer, d’explorer, libre de travailler ou non. Mais c’est aussi une prison. Car pour réussir (si ce mot a un sens) les trois règles dont parlait Tennessee Williams seraient alors : travailler, travailler, et encore travailler. J’estime malgré tout que j’ai beaucoup de chance, car écrire est un métier de passion. Et tous les matins lorsque j’ouvre mon ordinateur surgit sur mon visage un grand sourire : je sais que je vais passer une belle journée avec mes personnages.